Les premiers services à domicile datent de 1865 avec la congrégation des petites Sœurs de l’Assomption. Les petites sœurs ont pour mission de soutenir les familles les plus pauvres à leur domicile. Le partage des tâches de la vie quotidienne est utilisé comme support de leur action qui se veut éducative.
En 1920 est fondée l’Aide aux mères de famille par Madame Henriette Viollet. L’association a alors pour objet de « seconder les mères courageuses qui assument la tâche d’élever une nombreuse famille, en leur procurant l’aide effective de femmes dévouées, faisant avec elles, ou à leur place si leur santé les en empêche, toutes les besognes que comportent un ménage et les soins aux enfants. Cela sans faire de distinction entre les classes sociales, et dans le respect des consciences ».
Ce service va se développer dans toute la France entre 1920 et 1940, une fédération de services est créée en 1927, reconnue d’utilité publique en 1938. C’est en 1942 qu’est créée l’association périgourdine (Aide aux mères de famille à domicile). L’association adhère à la fédération, dénommée aujourd’hui A Domicile. Le mouvement fédère actuellement cent cinquante associations ou organismes gérant des structures d’aide, de services à la personne et de soins à domicile.
Les aides aux mères sont au départ des bénévoles, qui ont pour mission d’éduquer les mères de familles à tenir leur maison dans de bonnes conditions d’hygiène et de propreté, et à bien élever et soigner leurs enfants. Elles interviennent en particulier auprès de mères alitées, surchargées ou hospitalisées.
A l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale, des services d’aide à domicile voient le jour, à l’initiative de mouvements ouvriers et populaires, liés aux associations familiales et aux syndicats. Ces mouvements œuvrent pour une reconnaissance officielle de la profession, qui prend en 1949 le titre de travailleuse familiale.
A partir de 1950, les interventions de l’association périgourdine seront ainsi assurées par des professionnelles. En 1999, le certificat de travailleuse familiale est remplacé par le diplôme d’Etat de technicien d’intervention sociale et familiale (TISF).
Le rapport de la commission d’étude des problèmes de la vieillesse présidée par Pierre Laroque en 1962 préconise le maintien à domicile des personnes âgées qui « doit s’accompagner d’un important effort d’action sociale pour assurer aux personnes âgées des conditions matérielles et morales d’existence satisfaisantes », avec notamment le recours à un personnel spécialisé et l’organisation de services d’aides ménagères. L’aide ménagère ainsi instituée est réservée aux personnes privées de ressources suffisantes. Parallèlement, les caisses de retraite développent leurs propres prestations dans le cadre de l’action sociale en faveur de leurs assurés.
Une deuxième profession voit ainsi le jour dans les services d’aide à domicile pour les interventions auprès des personnes âgées : l’aide ménagère. Un certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile (CAFAD) va être créé en 1989, remplacé par le diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) en 2002.
L’association d’aide aux mères de Périgueux va dans un premier temps maintenir sa spécificité auprès des familles avec ses travailleuses familiales. En 1983, la caisse nationale d’assurance-maladie élargit le financement de ses interventions aux auxiliaires familiales. Les deux premières aides familiales de Périgord Famille sont ainsi recrutées en 1989.
En 1994, un service mandataire/ emplois familiaux est créé pour répondre aux attentes de tous les publics, notamment les personnes âgées ou les gardes d’enfants. Il fait suite à des mesures prises en faveur des particuliers employeurs (exonération de charges patronales en 1987[1]) puis des réformes prises par la loi du 31 décembre 1991[2] qui organise le régime juridique du secteur :
- le particulier employeur bénéficie d’une réduction plafonnée d’impôt de 50% du montant des dépenses engagées (salaires et charges sociales), - un agrément d’Etat est imposé aux services de placement de travailleurs auprès de personnes physiques employeurs, dans le but de protéger les personnes les plus vulnérables (garde d’enfants, assistance aux personnes âgées et handicapées), cet agrément permet de bénéficier d’avantages fiscaux et sociaux, - le statut de l’association mandataire est créé.
Des mesures complémentaires sont prises en 1993 : l’abattement des charges patronales pour les associations prestataires et la mise en place du chèque service.
Les services à domicile voient leur activité se développer avec les mesures d’aide : - aux familles avec l’allocation de garde d’enfant à domicile (AGED – 1986) puis la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE - 2003), - aux personnes âgées, avec la prestation spécifique dépendance (1997), remplacée ultérieurement par l’allocation personnalisée à l’autonomie (2002), - aux personnes handicapées avec la prestation compensatoire du handicap (2005), - pour tous : mesures fiscales en faveur des ménages avec le plan Borloo (2005) …
En 2001, l’Aide aux mères devient Périgord Famille. Ce nouveau nom place le foyer au cœur des interventions de l’association, soucieuse d’apporter des réponses aux différentes étapes de la vie, de la naissance à la perte de l’autonomie, dans le cadre d’une intervention globale prenant en compte l’environnement des personnes aidées.
[1] Arrêté du 27 mars 1987 fixant la procédure à suivre pour bénéficier de l’exonération des cotisations de sécurité sociale afférentes à l’emploi d’une tierce personne
[2] Loi n° 91-1405 du 31 décembre 1991 relative à la formation professionnelle et à l’emploi
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